Sensibiliser à la biodiversité et à l’érosion des parcelles agricoles tout en diminuant l’utilisation d’herbicides dans la culture du blé, tel est le DEPHY que s’est fixé un agriculteur du réseau DEPHY Hauts-de-France en 2024!
Le Réseau DEPHY Hauts-de-France met en avant des exploitations agricoles ayant pour but de tester et diffuser des pratiques agricoles durables qui permettent de réduire la dépendance aux intrants chimiques.
Ce réseau regroupe 69 exploitations réparties sur 5 départements.
En 2024, un essai a été mis en place par l’une d’entre elles, avec plusieurs objectifs: tester des techniques de réduction d’utilisation de désherbage pour la production de blé et sensibiliser les agriculteurs, le grand public ainsi que les élèves du lycée de Radinghem sur la biodiversité abritée par les parcelles agricoles et la protection des sols contre l’érosion.
Pour cela, plusieurs manifestations ont eu lieu au cours de l’année.
Des leviers agronomiques existent pour réduire l’utilisation d’herbicides dans la culture du blé
Le décalage des dates de semis pour esquiver la période de levée préférentielle des mauvaises herbes ou encore adapter le travail du sol. Pour ce dernier paramètre, deux stratégies ont été testées : remuer le sol pour détruire les adventices en place ou au contraire limiter le plus possible le travail du sol pour éviter de déclencher de nouvelles levées d’adventices.
Pour éprouver ces théories dans le contexte local du Nord-Pas de Calais, un essai a été mis en place dans une parcelle de blé avec 9 bandes représentant chacune une combinaison de leviers différente.
En plus de ces différentes pratiques agricoles, cet essai a fait l’objet d’un suivi de population de vers de terre et d’insectes du sol ainsi que des mesures de stabilité et de tassement de sol.
L’implantation de cet essai a été un véritable support d’échange et de pédagogie autour des enjeux importants auxquels l’agriculture doit faire face aujourd’hui.
Pour finir chaque public à pu y trouver des informations adaptées à ses attentes:
- Les élèves du lycée de Radinghem ont été partie prenante lors de l’évaluation de la biodiversité de la parcelle agricole. Ils ont été encadrés par une conseillère pour la mise en place de pièges sur la parcelle, puis pour identifier les insectes collectés lors d’une séance d’identification dans leur salle de travaux pratiques. Cela a été également l’occasion de rappeler le rôle de ces insectes avec les avantages qu’ils apportent à nos systèmes agricoles en région.
L’intérêt de cette collaboration est double: sensibiliser les élèves à la biodiversité et leurs faire découvrir le métier de conseiller en productions végétales ainsi que des méthodes simples d’expérimentation au champ. En ciblant les élèves du lycée agricole, ce sont aussi les futurs agriculteurs et salariés agricoles qui sont sensibilisés. - Une deuxième action, cette fois-ci tournée vers le grand public lors d’une randonnée, a été organisée par les agriculteurs locaux.
Ll’occasion pour les agriculteurs de répondre aux questions des randonneurs et de présenter leur travail ainsi que l’essai mis en place.
Cette manifestation n’a pas oublié les enfants, très intéressés par la présentation des insectes auxiliaires présents dans la parcelle. - Enfin, courant juin, une réunion technique à destination des agriculteurs locaux a été organisée.
L’objectif: tirer les premières conclusions de cet essai et échanger entre paires sur leurs différentes pratiques. Les agriculteurs de ce groupe sont fortement préoccupés par la problématique de salissement de leur parcelle mais aussi de la protection des sols contre l’érosion.
Regard de l’agriculteur qui a accueilli l’essai:
“Les terrains assez hétérogènes du Haut-Pays ne permettent pas forcément de décaler énormément les dates de semis. Pour ma part, en système TCS, mes cultures d’hiver doivent être semées avant le 18 octobre. De manière générale, j’essaye d’éviter le labour dans mes parcelles si elles ne sont pas trop sales. Sur cet essai, parcelle plutôt grasse, j’ai trouvé que le rendu du fissurateur était plus beau au semis mais pour les vulpins c’est le labour qui a fait le plus beau travail. L’essai a malheureusement été impacté surtout par les limaces au démarrage mais aussi un peu par les mulots de la parcelle voisine ou il y avait de la luzerne.”
Regard de Julie SPECHT, conseillère en Productions Végétales et animatrice du groupe Dephy:
“Beaucoup d’agriculteurs du secteur du Haut-Pays sont intéressés par la réduction du travail du sol. Leur objectif principal est de limiter l’érosion dans leurs parcelles. En réduisant leur travail du sol, il y a la gestion des graminées à maîtriser. Cette gestion est assez compliquée, surtout pendant la période de transition vers la réduction du travail du sol. La mise en place d’essais en parcelles permet d’accompagner les agriculteurs dans leur démarche de réduction du travail du sol tout en étant moins dépendants des produits phytosanitaires.”.
La réflexion sur ces enjeux complexes ne s’arrête pas là, ce projet va être poursuivi au sein du groupe DEPHY dans les prochaines années.
Les objectifs de cet essai 2024 ont été remplis: expérimenter, communiquer, échanger et persévérer vers une réduction des intrants et une meilleure protection de la biodiversité et des sols contre l’érosion.
Télécharger la fiche des résultats ici
Pour en savoir plus, vous pouvez contacter Julie Specht, Chambre d’agriculture du Nord-pas de Calai
N’hésitez pas à visiter la page du groupe et à découvrir les travaux menés par le réseau DEPHY dans la région Hauts-de-France !
