Interview de Justine Lebas, animatrice du GIEE Sols Picards

Diplômée ingénieure d’Unilasalle Beauvais, Justine est chargée de mission Agriculture de Conservation des Sols et animatrice dans les Hauts de France pour l’APAD (Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable) depuis octobre 2019.

“Je suis arrivée au moment de la structuration de l’association picarde, quand nous avons mis en place le premier collectif d’agriculteurs. Au départ groupe émergent puis GIEE à part entière, le GIEE Sols Picards regroupe 13 membres répartis sur tout le territoire de la Picardie.”

L’APAD est un réseau national de 15 associations locales qui s’appuie sur des collectifs de femmes et d’hommes aux valeurs communes :

  • des agriculteurs qui portent des convictions à partir de leur réalité de terrain
  • engagés dans un système de production productif, qualitatif et durable, respectueux de l’environnement et de la biodiversité : l’ACS (agriculture de conservation des sols)
  • animés par une volonté de progrès constant au bénéfice de tous
  • organisés au sein d’un réseau national

L’association travaille autour de 4 axes stratégiques. Animer, perfectionner, sensibiliser et valoriser : l’APAD est un organisme de formation qui accompagne les agriculteurs dans leur transition agricole vers l’ACS.

Les dates-clés du GIEE

  • 2015 création de l’APAD Picardie
  • 2019 recrutement animatrice
  • 2020 groupe émergence
  • 2021 création du GIEE

Le GIEE Sols Picards

Le groupe est constitué de profils très variés autant dans les orientations des fermes (polyculture-élevage, cultures industrielles, céréaliers) que dans leurs historiques vis à vis de l’Agriculture de Conservation des Sols: on retrouve des débutants qui travaillent encore le sol pour certaines cultures mais aussi des convaincus du semis direct depuis de nombreuses années qui cherchent à aller toujours plus loin dans leur pratiques.

Quelle thématique travaillez-vous?

La thématique du GIEE Sols Picards s’est construite tout particulièrement à la suite d’une formation avec Thierry Tetu (Enseignant chercheur à l’université Picardie Jules Verne et agriculteur dans la Somme) sur les couverts haute densité de légumineuses et leurs intérêts à toutes les échelles pour les systèmes en ACS (biomasse restituée, vie biologique, apport d’azote organique, lutte contre les adventices…).
Nous abordons aussi toutes les thématiques d’actualité pour les agriculteurs au fur et à mesure de l’avancée de chacune des campagnes : actuellement ce sont les semis des cultures de printemps qui vont démarrer.

Quel est votre objectif ? Quelle est la motivation collective?

Les membres du groupe se sont rassemblés pour pouvoir échanger sur la mise en œuvre de l’Agriculture de Conservation des Sols, un système innovant pratiqué par seulement quelques pourcents des agriculteurs en France.
Les 3 grands principes de cette agriculture sont: tout d’abord le non travail du sol, puis la couverture permanente des sols et finalement l’allongement des rotations de culture. En Hauts-de-France, il s’agit d’un moyen efficace pour lutter contre l’érosion des sols en plus, de stocker du carbone dans les sols et de favoriser la biodiversité.

Une actualité spécifique à nous raconter?

Après s’être accordé sur le fait que l’une des thématiques d’importance qui continue à poser question en ACS est l’impact de la fertilisation sur le développement de la flore adventice, le GIEE Sols Picards a proposé à ses membres de venir en échanger sur une journée.
L’objectif? Repartir de l’expérience des plus avancés en ACS et aussi de quelques experts pour réfléchir ensemble à des protocoles très concrets qui pourraient être mis en place. L’expérience de Paul Robert et Sylvain Trommenschlager (agronomes et conseillers) a notamment été mobilisée.
Si on sait que les recettes magiques ne fonctionnent pas, quelle philosophie, quel raisonnement adopter pour lutter contre les raygrass?

Pour nos 2 experts, la réponse est claire, pour limiter la pression RG, il faut assurer:

  • Une bonne évolution de la matière organique
  • Une présence suffisante de calcaire actif

En effet, en non travail du sol, une décalcification de surface peut se produire avec un engorgement en MO qui n’évolue plus ou très peu, favorisant ainsi le développement des adventices.
Les solutions? Des apports de carbonates (marne, gypse…), des restitutions au sol avec des C/N faible « facile » à dégrader, des formes organiques d’azote à privilégier sur les formes minérales
Des essais vont pouvoir se lancer au sein des adhérents : une fois que chacun aura jeté un œil averti sur ses analyses de sol et ses parcelles pour déterminer les modalités qu’il souhaite tester.
Pour en savoir plus sur le GIEE Sols Picards
Contact : Justine Lebas, APAD Picardie

Aperçu de la confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Vous pouvez ajuster tous les paramètres de vos cookies en naviguant dans les onglets sur le côté gauche.