Du 26 au 30 janvier 2026, la Chambre d’agriculture du Tarn a organisé un déplacement d’étude dans le Nord–Pas-de-Calais pour 11 producteurs d’ail de Lautrec, dont plusieurs membres du réseau DEPHY. Ils étaient accompagnés par les conseillers de la Chambre d’agriculture du Nord–Pas-de-Calais et accueillis par le Département Nord-Pas-de-Calais (NDPC).

Cette formation délocalisée s’inscrivait dans un contexte de transition des systèmes de production, marqué par les évolutions climatiques, la pression des bioagresseurs et l’adaptation aux attentes sociétales. L’objectif était d’identifier des pratiques innovantes et transférables à la filière ail.

S’ouvrir à d’autres filières pour enrichir les pratiques

Le programme a privilégié une approche transversale en s’intéressant à d’autres cultures structurantes de la région : oignon, pomme de terre, céréales et protéagineux.

Plusieurs thématiques ont été abordées :

  • Les techniques de conservation et de stockage de la pomme de terre, notamment l’utilisation d’huiles essentielles en alternative aux antigerminatifs chimiques ;
  • Les démarches de valorisation et les signes de qualité dans les filières ail, oignon, échalote et pomme de terre ;
  • La gestion des bioagresseurs et des adventices via les associations culturales en grandes cultures
  • Le désherbage mécanique sur oignon à l’aide de robots.

Les participants ont rencontré les équipes techniques de la station d’expérimentation légumière régionale ainsi que les conseillers spécialisés ail, oignon, échalote et pomme de terre biologique de la Chambre d’agriculture du Nord–Pas-de-Calais.

Une visite de l’entreprise semencière Lemaire Deffontaines a permis d’aborder les enjeux de sélection variétale en céréales à paille et pois protéagineux, notamment dans un contexte d’adaptation au changement climatique.

Valorisation territoriale et innovations agronomiques

Le séjour a également mis en lumière des démarches locales de valorisation, avec la découverte de l’ail fumé d’Arleux et de son procédé traditionnel de fumage.

Des visites d’exploitations ont permis d’approfondir les réflexions sur les rotations intégrant l’ail et sur les associations culturales (colza/cameline, tournesol/sarrasin). Ces systèmes visent à renforcer les complémentarités entre espèces et à anticiper la gestion des adventices dès la conception du plan de semis.

Un temps de visite auprès de l’association Tracteurs en Weppes, dédiée à la restauration de matériels anciens, a apporté un éclairage complémentaire sur l’évolution des pratiques agricoles.

Perspectives pour la filière ail

Plusieurs pistes de travail ont émergé à l’issue de la formation :

  • L’intérêt du robot de désherbage ARA développé par Ecorobotix, déjà utilisé en oignon et présentant un potentiel d’adaptation à l’ail ;
  • La possibilité d’expérimenter la conservation de l’ail par l’éthylène pour limiter la germination, en alternative aux solutions non adaptées comme certaines huiles essentielles (dont l’efficacité repose sur une action de contact).

Organisée par Anna Leygues, ingénieure réseau DEPHY à la Chambre d’agriculture du Tarn, avec le soutien financier de VIVEA, cette formation a permis de structurer des échanges techniques concrets entre régions.

En favorisant l’observation, le dialogue et l’analyse collective, ce déplacement a contribué à identifier des leviers d’évolution pour la filière ail. L’interrégionalité apparaît ainsi comme un outil pertinent pour accompagner l’adaptation des systèmes de production.

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