Les GIEE en Hauts-de-France : un bilan pour comprendre, valoriser et poursuivre la dynamique collective

Depuis plusieurs années, les Groupements d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) soutiennent les démarches collectives de transition agroécologique portées par les agriculteurs.

En Hauts-de-France, cette dynamique s’est progressivement développée. Un bilan régional des GIEE a été initié par la Chambre d’agriculture des Hauts-de-France, en collaboration avec la DRAAF et les Agences de l’eau. Il s’appuie sur l’analyse de données couvrant la période 2015 à 2025 et a été réalisé dans le cadre d’un stage de fin d’études de 6 mois en 2025. Une enquête menée auprès des animateurs des dispositifs a également permis d’enrichir l’analyse.

Ce travail met en lumière l’évolution des dynamiques collectives, les transformations engagées dans les exploitations agricoles et les conditions favorables à l’accompagnement des transitions agroécologiques.

 

Pourquoi réaliser un bilan des GIEE ?

Après 10 ans d’existence des GIEE, ce bilan vise à mieux comprendre l’évolution de cette dynamique régionale, à valoriser les résultats obtenus dans les exploitations et à identifier les facteurs clés de réussite des démarches collectives.

Il met notamment en évidence le rôle essentiel des échanges entre pairs, de l’expérimentation, de l’animation et de l’accompagnement technique dans la réussite des transitions agroécologiques.

 

Une dynamique collective qui s’est renforcée au fil des années

On constate une évolution importante de la dynamique des GIEE en Hauts-de-France.Depuis les premières reconnaissances de GIEE, la dynamique régionale s’est progressivement renforcée, avec une augmentation du nombre de collectifs engagés en Hauts-de-France les premières années.Les thématiques travaillées au sein des groupes sont variées : réduction de l’usage des produits phytosanitaires, amélioration de la fertilité des sols, autonomie alimentaire, diversification des systèmes, gestion de l’eau, biodiversité ou encore adaptation au changement climatique.

On aperçoit toutefois un ralentissement de la dynamique régionale depuis 2022, avec moins de nouveaux collectifs engagés. Ce constat souligne l’importance de poursuivre et de renforcer l’accompagnement des démarches collectives, afin de maintenir une dynamique territoriale favorable aux transitions agroécologiques. Les échanges entre collectifs se sont également développés, favorisant la circulation des expériences et des connaissances. Cette évolution montre que les GIEE ne sont pas uniquement des espaces d’expérimentation technique.

 

Ils deviennent aussi des lieux d’apprentissage collectif, de sécurisation des changements de pratiques et de création de liens entre agriculteurs.Le bilan souligne également la diversité des structures porteuses impliquées dans l’animation des groupes : Chambres d’agriculture, coopératives, associations, organismes de développement ou structures territoriales. Cette pluralité contribue à enrichir les approches et à adapter les accompagnements aux besoins des territoires.

 

Les actions collectives : un moteur essentiel des transitions agroécologiques

L’un des enseignements majeurs du bilan concerne la force des démarches collectives dans les transitions agroécologiques. Changer ses pratiques implique une prise de risque technique, économique ou organisationnelle, que le collectif aide à sécuriser en évitant aux agriculteurs d’avancer seuls face aux incertitudes. Les échanges entre pairs (visites, essais collectifs, tours de plaine, retours d’expérience) facilitent la confrontation des pratiques, l’identification de solutions adaptées et renforcent la confiance. Ils contribuent aussi à diffuser plus rapidement les innovations : une pratique testée dans un groupe est plus facilement appropriée par les autres agriculteurs.

Au-delà de la technique, ces dynamiques créent des espaces de dialogue et d’entraide qui soutiennent la motivation et la capacité des agriculteurs à se projeter.

 

Des résultats visibles mais des transitions qui demandent du temps

Le bilan rappelle que les transitions agroécologiques s’inscrivent dans le temps long et nécessitent un accompagnement durable des collectifs. Dans ce contexte, le rôle de l’animation apparaît essentiel. Les animateurs facilitent les échanges, coordonnent les actions collectives et contribuent au maintien de la dynamique des groupes dans la durée. Le bilan souligne également l’importance de la capitalisation des expériences. Partager les réussites, les difficultés rencontrées et les enseignements issus des collectifs permet d’enrichir les démarches à l’échelle régionale et d’alimenter les futures dynamiques collectives.

 

Une dynamique à poursuivre et à renforcer

Ce bilan met en lumière l’importance des démarches collectives dans les transitions agroécologiques. À travers les GIEE, les agriculteurs construisent des réponses adaptées à leurs territoires.

Dans un contexte de fortes évolutions pour l’agriculture — adaptation au changement climatique, préservation des ressources ou réduction des intrants — ces dynamiques collectives apparaissent comme des leviers essentiels pour accompagner les transitions agricoles dans la durée.

 

Consulter le bilan

Le bilan régional des GIEE en Hauts-de-France est donc désormais disponible. Il permet de découvrir les principales tendances observées, les enseignements issus des collectifs et plusieurs retours d’expérience illustrant la diversité des démarches engagées sur le territoire.

Une ressource pour mieux comprendre la place des dynamiques collectives dans l’évolution des systèmes agricoles et les transitions agroécologiques en cours.

 

 

Contact : Laurène Moritz

l.moritz@hautsdefrance.chambagri.fr